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Armaggedon Empires - Les rêves perdus de l'Empereur

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Armaggedon Empires
Les rêves perdus de l'Empereur (1ère partie)


Je m'appelle April.
Si ma mémoire voulait bien remonter encore ne serait-ce que trois  jours plus tôt, je saurais alors me définir comme étant l'Empereur, l'Empereur de la puissante faction humaine. Dans ce monde dévasté envahi par des horreurs que l'Humanité n'avait jamais envisagées, j'étais le garant de l'Ordre, et nos actions visaient toutes à maintenir, même illusoirement, l'idée de quelque chose de "normal" dans cet univers devenu fou.
Mais mon esprit est comme brouillé, désormais, tellement désorienté que j'éprouve cette sensation étrange de ne plus savoir si ma vie jusqu'ici ne représentait qu'un rêve, ou si ce sont les récents événements qui ne sont pas réels.
Je ne comprends pas comment nous n'avons pas su voir arriver cette attaque, comment nos agents, nos observateurs, nos détecteurs n'ont pu prévenir tout cela. Mais peut-être qu'entre toutes les menaces, la démesure grossière, d'une brutalité primitive, est-elle la moins prévisible. Peut-être que rien ne peut réellement nous préparer à la sauvagerie presque suicidaire de hordes incompréhensibles.

Les faits sont là. Irréfutables.
Je sens le regard de Vincent peser sur moi. Lui rendre ce regard m'est tellement pénible que je préfère jouer encore un moment avec ce stylo, fixant absurdement mon attention sur sa pointe rétractable, comme si cela constituait un spectacle digne d'un quelconque intérêt.

                        
Vincent Meis, depuis combien de temps sert-il l'Empire ? A lui seul, par ses capacités d'organisation, il accroît nos capacités d'intervention. Vincent, si méticuleux que les troupes peuvent aller plus loin, sans avoir à craindre de manquer de support. Si cette folie nous l'avait enlevé...

Le bruit métallique du stylo que je pose sur mon bureau, devant moi, me tire quelque peu de ma torpeur, et je trouve enfin la force de regarder l'homme si fidèle qui me fait face, et qui se contente de ne rien dire depuis plus de trois quarts d'heure. Je le connais si bien. Il aurait pu rester comme ça, sans prononcer une parole, pendant des heures.
Je suis presque étonné par le son de ma voix. Une voix âpre, comme marquée par un excès d'alcool.
"Sait-on seulement où nous sommes ?"
Vincent me fixe du regard avec cette intensité qui n'appartient qu'à lui, qui semble traverser les gens et voir les intentions et les affects derrière chaque inflexion de voix, chaque pli de la peau sur le visage.
"Quelque part au sud du Wasteland, mon Seigneur, finit-il par dire d'une voix affreusement calme. Nous avons trouvé refuge dans les ruines d'un Palace Impérial".
Il me tend un papier. Des chiffres. Implacables.
Meis reprend, soucieux sans doute de ne pas laisser le silence s'installer à nouveau.
"On ne peut se bercer d'illusions, mon Seigneur, cet endroit n'est qu'un pis-aller. Il a des entrées partout et n'offre qu'une faible protection contre l'espionnage et le sabotage, et on ne pourra pas établir énormément d'annexes à cause de la place limitée. Mais la structure est saine et...
- Et nous n'avons pas le choix."
Il plisse les yeux, et finit par hocher la tête.
"En effet, mon Seigneur".
On se regarde un moment tous les deux. On dit parfois que les paroles sont superflues entre deux personnes qui se connaissent parfaitement. Non seulement cette affirmation est vraie, mais je me rends alors compte de l'importance qu'elle prend dans des situations aussi terribles. Vincent devine ce qui me hante, ce qui me bloque et m'empêche d'aller de l'avant.
Je l'ai rarement vu hésiter à dire quelque chose qu'il juge utile d'énoncer, c'est pourtant le cas ce matin. Il faut une forme aiguë de courage, je suppose, pour être capable de dire les paroles suivantes:
"Elle n'a pas survécu, mon Seigneur".
Une seule phrase. De simples mots.
Ils me prennent à la gorge comme des doigts squelettiques, prêt à me tuer. Je la connaissais à peine, c'est vrai, et pour être tout à fait exact, nous n'avions même pas eu l'occasion de mettre au clair ce que nous ressentions l'un pour l'autre.
Mes yeux scrutent les prunelles de Vincent Meis.
Le vieux serviteur de l'Empire ne baisse jamais le regard, et il ne faut y voir aucune forme d'arrogance ou de confiance en soi insupportable. En l’occurrence, je sais parfaitement que cet homme là n'a jamais fui ses responsabilités face au destin de l'Empire. Quelles que soient les circonstances.
Sans même m'en rendre compte, ma main passe devant mon visage, plusieurs fois, et je finis par me frotter les yeux avec le pouce et l'index. Lorsque je regarde à nouveau Vincent, rien dans son expression ni son maintien n'a changé.
"De quelles forces disposons-nous encore ?", lui demandé-je finalement, retenant un soupir.

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Armaggedon Empires
Les rêves perdus de l'Empereur (2ème partie)

Vincent semble un peu mal à l'aise, il bouge sur son siège, sans doute un peu nerveux, chose que je ne lui ai jamais connue de toute ma vie dès lors qu'on aborde des aspects militaires.
Son attitude représente quelque chose de tellement préoccupant qu'un frisson me traverse.
Nous devons être plus en difficulté que tout ce que j'avais pu imaginer.
"Eh bien, dit-il avec assez peu d'assurance, il faut être conscient que c'est la quasi totalité de nos forces qui ont été dévastées. Il nous reste...peu de choses."
En soupirant, il presse alors un bouton sur le datacom attaché à son poignet et une image apparaît sur l'écran de mon bureau.


         


"Des hommes à peine entraînés, mon Seigneur. Certains étaient encore de simples citoyens il y a de cela trois jours, ils se sont portés volontaires, pour le bien de l'Empire. Ils sont peu résistants, leurs capacités offensives et défensives sont plus que médiocres".
Mon regard reste figé sur ces visages, certains hagards, sous le choc sans doute des pertes personnelles qui ont dû être catastrophiques, d'autres aux mâchoires crispées, les yeux luisant d'un éclat meurtrier.
"De la chair à canon", dis-je, désabusé et presque inquiet pour eux.
"Je comprends votre préoccupation, réagit Meis aussitôt, mais il y a toutefois un avantage que nous pouvons sans doute mettre à profit. Ils sont habitués à utiliser de nombreux objets et sont très malléables, nous pourrions mettre cela à profit en développant de nouvelles technologies.
- Comment pourrions-nous...
- La frappe des mutants ne nous a pas privé de tous nos atouts, mon Seigneur".
Une nouvelle vibration de son datacom bourdonne, insecte apprivoisé, et de nouveaux visages apparaissent devant moi. Pour le coup, je me redresse sur mon siège et me penche en avant, les sourcils froncés.

         


Je bredouille pratiquement sous l'effet de la surprise.
"Milton...et Albert...encore vivants.
- Oui, mon Seigneur, fait alors Vincent Meis, avec quelque chose qui ressemblerait presque à un sourire. Des généticiens de génie, qui seraient déjà dans votre bureau pour vous témoigner leur respect s'ils n'étaient déjà en train de travailler comme des forçats dans leurs laboratoires.
- Je vois..."
L'idée est séduisante, naturellement. Néanmoins...
"Les hommes vont-ils facilement accepter l'idée d'être..."modifiés" ?
- J'ai pris la liberté de leur en parler, mon Seigneur. Et soyez certain d'une chose : que ce soit le désespoir, la haine ou le patriotisme, qui les guide, ils feront tout ce qui est nécessaire."
J'incline la tête, pensif.
Des soldats génétiquement modifiés.
Voilà qui serait susceptible d'ouvrir des perspectives intéressantes sur le champ de bataille. Mais j'ai encore une objection en tête.
"Mais sans homme de terrain pour les...
- Vladimir Kost, m'interrompt Meis, si vous voulez bien me pardonner, Noble Né, est toujours parmi nous".
Vladimir Kost.
Son nom seul sonne déjà comme un coup de poing et son allure s'impose naturellement à ma mémoire.

     


Rien n'arrête cet homme là. Il conduira les hommes toujours plus loin dans le désert. C'est un meneur de troupes né, d'une agressivité impressionnante, et un génie tactique qui utilise des tactiques avancées de combat comme d'autres diraient bonjour.
"C'est un atout de taille, Vincent, il faut le reconnaître.
- Je sais que vos n'appréciez guère ses manières et...
- L'Empire est pratiquement détruit. Il faudrait être fou pour se plaindre de sa présence en ces heures désolées".
L'éminence grise de l'Empereur, en service depuis tellement longtemps que plus personne ne se souvenait de son enrôlement, approuve d'un lent hochement de la tête. Je discerne quelque chose dans son regard, comme s'il venait d'être rassuré. Non pas par ma réaction vis à vis de Kost, mais sans doute par ma réaction tout court, qui a dû lui sembler encourageante pour une raison qui m'échappe momentanément.
"D'autres atouts ?
- Oui, mon Seigneur, j'ai même une très bonne nouvelle."
Il pianote de nouveau sur son bracelet pour me montrer quelque chose.




J'en reste bouche-bée.
"Oui, mon seigneur. L'escouade de Burwell Puller n'est pas complète, mais ils sont là, et nos adversaires pourraient apprendre à leurs dépends ce qu'il en coûte de s'en prendre à l'Empire."
Mes yeux restent fixés sur les Jumpers, comme on les appelle. Ces unités, spécialisées dans des assauts aériens meurtriers grâce à leurs jetpacks et à entraînement exclusif, représentent une réelle force de frappe, expérimentée et capable de s'attaquer à n'importe quoi, surtout conduite par Puller en personne.
Sans avoir de réel contrôle sur mon propre corps, je me redresse alors.
"Allons dehors, Vincent. Vous continuerez le bilan sur l'état de nos troupes en marchant, j'ai besoin de voir l'extérieur et de lancer les opérations sans tarder. Sans compter les hommes, ils doivent me voir".
Je me dirige alors vers la porte de mes quartiers, suivi d'un Vincent Meis qui pour la première fois depuis très longtemps venait de s'autoriser un véritable sourire.

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philcas

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Philanthrope Anglophobe
je sens qu'on va se régaler ! trop bien !

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Excellent Etrigane, les petites cartes du jeu rendent vraiment bien pour illustrer tes écrits qui sont savoureux !

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Heva

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Fièvre acheteuse
on a le droit d'écrire à la suite? Shocked moi qui n'osait pas pour pas  que cela perturbe le récit :
Alors c'est trop de la balle!!!! cheers alien cheers alien

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philcas

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Philanthrope Anglophobe
heu je ne sais pas si on peu commenter ou juste lire le récit !!! c'était pour encourager !

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Ben...ben..évidemment que vous avez le droit de réagir !!!!
Ce serait carrément triste si ce n'était pas le cas !!!

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Heva

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Fièvre acheteuse
oui mais respect quoi !!!!

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Armaggedon Empires
Les rêves perdus de l'Empereur (3ème partie)
~Tour 1~

La cour dans laquelle mes pas me conduisent est étrangement vide. Je me fige instantanément, interdit.
L'Empire s'est construit sur l'idée d'une grandeur humaine qui s'est exacerbée suite à l'Holocauste Ultime. La lignée des empereurs a rapidement cédé à la tentation du culte de la personnalité, le culte du chef, d'abord pour assurer l'unité des hommes dans ce désert de cendres et de pluies radioactives qu'était devenu le monde, puis, malheureusement, simplement pour eux-mêmes, lorsqu'ils ont fini par se mettre en tête que leur exploit faisait d'eux et de leurs descendants des êtres élus à l'autorité incontestable.
L'illusion de la supériorité, la vanité boursouflée et absurde, à la limite du ridicule, que peut provoquer le Pouvoir, a fini par nous emporter. Nous nous sommes alors habitués à des architectures monumentales, démesurées, à des cours remplies de Gardes Impériaux rutilants au garde-à-vous, impeccables dans leurs armures décorées et brillantes.
Tout cela me saute cruellement aux yeux devant le spectacle vide de la cour. Et partout à l'extérieur, cette impression troublante de néant complet. Ma gorge se serre devant un tel spectacle.
 
   
Les ruines du Palace impérial ont été construites sur une base abandonnée. Au beau milieu de rien. Cet endroit constituera pour nous la première marche vers la reconstruction de l'Empire, ou les bords très étriqués de notre futur tombeau.

Un peu vacillant, je me tourne alors vers Vincent, qui approuve lentement de la tête, parfaitement conscient de ce que je ressens et de ce que je pense.
"Permettez-moi de vous montrer les forces prêtes à intervenir, ou qui n'en sont pas loin, mon Seigneur".
Sans me laisser le temps de répondre, ou de trop réfléchir à la situation, il m'entraîne alors à travers la cour, entre par une porte opposée, suit un corridor d'un pas rapide qui se poursuit sur au moins vingt mètres avant de déboucher sur une autre cour, bien plus petite. Je vois alors des hommes, ainsi que quelques véhicules, entourés de tout un tas de personnes.



Ce que je vois là me rassure quelque peu, même si c'est loin d'être satisfaisant. Dans un angle, des hommes ont déjà mis à l'étude des plans de construction pour une Ecole de Guerre Impériale, qui permettra de développer des tactiques de combat dont on peut supposer qu'elles seront totalement indispensables à nos projets. Des unités d'infanterie sont déjà présentes, elles seront visiblement prêtes à être déployées dans peu de temps. Des Marines Impériaux se trouvent également là. Déjà lourdement armés, dégageant cette impression de force, il ne leur faudra pas longtemps avant d'être capables de lancer des assauts aériens redoutables. Deux unités mécanisées de reconnaissance ont échappé à la destruction et c'est une excellente nouvelle. Leurs moteurs vrombissent, un pilote se trouve aux commandes, tout indique qu'ils peuvent être mis en service sur le champ.
Un coup d'oeil en direction de Vincent.
"Nous devons impérativement savoir ce qui nous entoure au plus vite, dis-je sans pouvoir m'empêcher de parler avec précipitation, il faut déployer l'unité Leopard immédiatement, et qu'elle parcourt tous les secteurs qui entourent le palace.
- Oui, mon seigneur. Si je peux me permettre, le mieux serait de contrôler le secteur sud, où nous avons repéré d'étranges émanations vaporeuses.
- Allons-y pour le sud, alors.
- Je m'occupe des détails, mon Seigneur.
- Très bien, je me retire dans mon aile, je veux trouver une pièce adéquate pour tenir un conseil de guerre. Quand l'unité de reconnaissance sera sur le terrain, voulez-vous bien me rejoindre ?
- Très certainement."
Je vois passer des éclats dans les yeux de Vincent. Il calcule, il évalue, il réfléchit à la demande que je viens de formuler et une partie de son esprit trouve déjà des réponses adéquates afin de me servir au mieux.
Quand je quitte la cour, des ordres retentissent derrière moi, mais je les entends à peine, complètement absorbé dans mes pensées.
La première unité de reconnaissance est déployée. Envoyée seule sur le terrain, sans le moindre commandant, elle est un peu livrée à elle-même, mais nous n'avons pas le choix. Ses capacités d'observation vont nous être totalement indispensables pour évaluer ce qui nos entoure. En espérant que notre destruction définitive ne se trouve pas tapie là, à deux pas de nous, alors que nous n'avons encore qu'un rudiment d'organisation.




Nous suivrons les directives de Vincent Meis à la lettre, en nous dirigeant vers le sud, vers cette zone de lac putride qui pourrait receler un danger juste à nos portes.




En arrivant dans mon bureau, une migraine épouvantable accompagne chacun de mes pas, la douleur me martelant les tempes comme si une de ces ordures de mutant me frappait avec leurs odieuses armes primitives.
Une salle d'opérations, il me la faut très vite. Je presse mon comlink pour demander l'assistance de mon médecin personnel.
Aucun de mes jugements ne doit être affecté par quoi que ce soit.
Et cela implique la migraine.

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Armaggedon Empires
Les rêves perdus de l'Empereur (4ème partie)
~Tours 2 à 4~

Vingt-quatre heures.
Voilà le temps qu'il aura fallu à Vincent pour organiser une salle d'opérations, reliées aux troupes en temps réel, avec un écran tactique géant capable de représenter de manière schématique et claire notre situation.
A voir les têtes de certaines personnes présentes dans la salle, je comprends également que Meis a pris sur lui de former des conseillers. Il s'agit évidemment de volontaires sélectionnés rigoureusement, et leur air vaguement hagard manque de me faire sourire.
Il ne doit pas les ménager.
"Vincent, dis-je en m'installant derrière une console comlink, le siège tourné vers l'écran géant. Où en est la deuxième unité de reconnaissance ?
- Elle est prête mon seigneur.
- Déploiement immédiat. En mode camouflage.
- Oui, mon seigneur".
Un regard sur le côté et l'un des hommes en cours d'apprentissage s'éclipse.
   
La seconde armée est déployée. Elle aussi n'est composée que d'une seule unité, malheureusement, mais on essaie de la préserver en la faisant évoluer en mode camouflage. On doit couvrir le plus de terrain possible, rapidement, afin de mesurer les dangers qui nous entourent.


Vincent me regarde et approuve en silence.
Déployer cette unité en tenue de camouflage nous a privé d'une part de nos activités, mais nous ne pouvons pas nous permettre de sacrifier des unités aveuglément.
Je reprends alors la parole, sur un ton volontairement autoritaire. Je sais que les hommes ont été durement ébranlés, et qu'ils ont besoin d'un dirigeant droit et décidé, afin de puiser en lui le courage dont ils ont besoin et le décupler.
Armaggedon ou pas, les règles de la guerre n'ont jamais changé, pensé-je alors en me remémorant les leçons d'histoire militaire dispensées par Vincent pendant toute mon enfance.
"Je veux une projection de la zone de support maximale qu'on peut déployer autour de notre base.
- Oui, Empereur !", répond énergiquement un technicien.
L'écran bourdonne un instant et l'image apparaît presque aussitôt, nette, précise, conforme à ce que j'attendais.



Nos deux unités déployées ont encore un assez grand nombre de zones à explorer, mais les limites sont bien définies et elles seront vite atteintes. L'inquiétude me gagne immédiatement.
Des unités déployées sans soutien n'ont pratiquement plus aucun moyen logistique, ce sont des proies offertes aux hordes qui rampent, la bave aux lèvres, dans ces lieux maudits.
"Vincent...
- Je sais, mon Seigneur. Mais regardez ceci".
Son comlink portable prend le dessus sur celui du technicien et une image, gigantesque, apparaît à l'écran.


Des commandos impériaux.
Tout n'est pas perdu.
"Mon Seigneur, permettez-moi de vous rappeler les résultats de leurs dernières évaluations".



Ces unités ont des qualités défensives certaines, et peuvent évoluer en camouflage. Les hommes ont reçu une formation de sniper, particulièrement entraînés à éliminer les dirigeants adverses. Mais surtout, ils sont capables d'évoluer en dehors de toute couverture, sans aucun support tactique, ce qui les rend complètement autonomes.
Une unité. Une seule unité.
Capable à elle seule, avec un peu de chance, de loger une balle entre les deux yeux du fils de pute à l'origine de notre quasi destruction.
"Quand peuvent-ils être prêts ?, demandé-je après avoir dégluti.
- Dans deux jours, mon seigneur".
Deux jours. J'en ai la tête qui tourne.
"Ils partent vers le nord, au moment même où ils ont lacé leur chaussures.
- Oui, mon seigneur."
Je n'ai pas besoin de regarder Vincent pour savoir qu'il approuve ce déploiement tri-latéral.
Il me l'a appris lui-même.



Dernière édition par Etrigane le Sam 27 Déc - 20:08, édité 1 fois

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Tout bonnement excellent, quelle maestria dans l'intégration des cartes dans l'histoire alors qu'en fait c'est l'inverse. Cool

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Ah ah ! Tu nous fais aussi bien vibrer en vidéo qu'à l'écrit !

Du coup, j'ai grand hâte de savoir ce qu'il va advenir de ces pauvres éclaireurs *.* !

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Armaggedon Empires
Les rêves perdus de l'Empereur (5ème partie)
~Tours 5 à 6~

Les jours passent si vite dans ce genre de situation. Le sentiment de courir après le temps est oppressant et en même temps, il y a là quelque chose de galvanisant. On guette chaque rapport qui pourrait tomber, on surveille les unités en cours de formation en priant pour qu'elles soient prêtes rapidement.
Souvenir d'un poète français très ancien qui disait : "On vit deux fois quand on vit dans les flammes".
Il avait raison.
Un récepteur se met à bourdonner dans la salle de contrôle et bientôt la voix un peu entrecoupée mais bien distincte de la première équipe de reconnaissance résonne dans la salle.
"Reco1 à la base, reco1 à la base, nous avons découvert un champ de bataille qui semble déserté. Attendons instructions".
Je prends moi-même le micro-casque.
"Reco1, message reçu. Nous vous donnons les instructions dans un instant, maintenez le contact".
Vincent n'est pas dans la salle de contrôle ce matin, je sais qu'il se trouve auprès d'une équipe d'ingénieurs qui s'apprêtent à déployer une Ecole Militaire Impériale dans une aile du palais.
Un ancien champ de bataille.
Un lieu parfait pour une embuscade qui pourrait nous priver de notre équipe de reconnaissance la plus efficace à ce jour. Voilà bien le genre de décision qui vous plonge dans un embarras terrible.
L'espace d'un instant, je suis prêt à leur demander de contourner le site et de s'en éloigner discrètement, puis je me ravise.
Nous sommes très affaiblis, mais se terrer comme des rats en espérant survivre n'est pas une solution, et ne correspond en rien aux valeurs de l'Empire.


"Reco1, reco1, investissez les lieux. Soyez prudents."
Cette dernière précision était plus pour la forme qu'autre chose, même si je le souhaite sincèrement, tant il est vrai que cette unité n'aurait aucune chance en cas d'embuscade.
"Bien reçu", crachote la radio.
Puis c'est l'attente, et Vincent Meis finit par faire son apparition.
Depuis combien de temps n'a-t-il pas dormi ?
"Des nouvelles ?", dit-il d'un air qui laisse présager que quelqu'un l'a mis au courant de la découverte de l'équipe de reconnaissance, mais qui ne montre absolument rien de ce qu'il pense de la décision que j'ai prise.
Je me contente d'un signe de négation de la tête.
On attend encore pendant deux heures, dans un silence presque absolu, lorsque la radio fait entendre son craquement si caractéristique.
"Reco1 à la base, reco1 à la base, prêts pour le rapport.
- On vous écoute, reco1.
- Aucun danger sur le site, des matériaux gisent ici et pourront nous servir, il faut envoyer rapidement une équipe de récupération."

Du matériel, voilà qui va s'avérer très utile. Et beaucoup, beaucoup d'éléments Tech. Cela va fonctionner comme un formidable accélérateur.


"Ce n'est pas tout, mon Seigneur, nous avons également trouvé une caisse d'équipement qui semble en parfait état.
- Reco1, pouvez-vous le décrire ?
- Je crois qu'il s'agit d'un système de rayon laser pulsé portatif, mon Seigneur".
Un regard vers Vincent, mais il est déjà en train de pianoter sur son comlink, et une image ne tarde pas à apparaître sur l'écran géant.
 
Des émetteurs de lasers pulsés. Ils amélioreraient les capacités offensives d'une unité et le rayon peut faire des dégâts littéralement dévastateurs en cas d'impact. Une vraie trouvaille.


"Reco1, l'équipe d'extraction les ramènera, vous avez fait un travail fantastique.
- Merci, mon Seigneur.
- Poursuivez vos investigations".
Le contact est alors coupé et pour la première fois, je peux m'adresser à Vincent.
"Un coup de chance, dis-je, rassuré.
- La chance se provoque, mon Seigneur, elle est comme stimulée par les décisions que nous prenons. Le matériel récupéré va nous permettre d'achever la construction de l'Ecole Militaire bien plus tôt que prévu. Quant à ce laser..."
Tout comme lui, je suis conscient qu'une escouade d'Infanterie impériale est bientôt prête, et que la base est pratiquement sans défense pour le moment. Une garnison équipée de rayons lasers pulsés pourrait être un début.
Comme souvent, je n'ai pas besoin de communiquer mes pensées à mon conseiller, il est même probablement en train d'attendre patiemment que mon esprit rejoigne ce qu'il avait déduit en une seconde.
Je me contente alors de dire:
"IL y a du travail, tout le monde doit s'y mettre".
Il approuve d'un hochement de tête.

L'Ecole Militaire Impériale est construite bien plus vite que prévue grâce au surplus de ressources trouvé par l'équipe de reconnaissance dans le désert. Il nous permettra de développer des tactiques dès qu'un officier sera prêt, et il nous permet également de stimuler les ressources humaines. Voilà un sacré atout qui nous tombe du ciel.




Dans la foulée, la première unité d'Infanterie est recrutée et installée en garnison dans le Palace Impérial. On leur confie les lasers pulsés trouvés dans le désert, après une formation-éclair pour qu'ils puissent s'en servir avec une pleine efficacité.


Vincent pense lui aussi qu'il faut poursuivre les fouilles en même temps que l'activité de reconnaissance. C'est très risqué, évidemment, mais le bénéfice que nous pouvons tirer de trouvailles éventuelles est énorme.
Quelques jours plus tard, je me retrouve dans la salle de contrôle, tôt le matin. J'y suis seul, et cela me plait. J'ai besoin de ces moments de solitude, presque tranquilles, où je peux réfléchir, calculer, anticiper, observer, sans que rien ne puisse me distraire.
Je presse un bouton et une image apparaît à l'écran immédiatement.

Nous disposons actuellement de trois unités sur le terrain, dans un déploiement tri-latéral, une de nos priorité absolues est de trouver où nos ennemis ont installé leur base. Aucune piste, aucune direction, ne doit être négligée.


Je reste devant l'écran, un café à la main.
Tant de choses vont se jouer dans les jours qui viennent. C'en est presque effrayant. Mais je sais aussi que cette période d'attente dans laquelle nous nous trouvons est peut-être la plus pénible. L'expérience m'a déjà montré par le passé que le temps n'est plus à l'inquiétude une fois qu'on se retrouve plongé au beau milieu d'une guerre sans merci.
Jamais je n'aurais cru éprouver cela un jour, mais une certitude se dessine dans mon esprit.
J'appelle cette guerre.
De tous mes voeux.

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